Jean-Pierre, membre du Club Parle Russe vous raconte sa façon d’apprendre grâce aux Newsletters exclusives du Club, il vous parle de ses progrès, de ses exercices...
“Actuellement, je remarque que travailler quotidiennement avec les newsletters me fait progresser comme jamais auparavant.
Avant toutes choses, mon premier guide est de me demander si je prends du plaisir à ce que je fais. Je ne parle pas du plaisir anticipatif de me réjouir à l’idée que c’est grâce au travail de maintenant que je pourrai demain prendre plaisir à penser et parler en russe. Pourquoi pas. Mais ici mon propos est le plaisir dans l’apprentissage lui-même. « Apprendre avec plaisir » m’apporte chaque jour une sensation nouvelle ! Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet. Bref, c’est mon guide absolu, incontournable.
Exercice 1. Ecouter, ré-écouter un grand nombre de fois
Mon exercice de base avec une newsletter de Parle Russe est de l’écouter, de la ré-écouter un grand nombre de fois. Je prends plaisir à l’écouter comme une chanson.
D’ailleurs, le fichier audio ne dure pas plus de cinq minutes, je l’écoute vraiment comme une chanson. Je peux l’écouter trois fois de suite, 10 fois, peu importe le nombre. Il y a toujours un son nouveau que je n’avais pas perçu auparavant, une compréhension nouvelle, ou simplement le plaisir enfantin de la répétition. Ensuite je recommence l’écoute en boucle le lendemain et le jour suivant et le jour d’après et encore plus tard. Pendant une semaine, ou un mois plus tard. Peu importe. C’est le plaisir qui guide de ré-écouter telle ou telle newsletter.
Au début, je me disais qu’écouter 10 fois, 20 fois la même newsletter n’était pas efficace. Je me jugeais en me disant que ce n’est pas normal qu’après 20 fois, je ne comprenne pas à 100%. C’est faux. L’apprentissage s’effectue en profondeur. Il n’y a pas de test pour dire « ok je comprends à 100% ». Par exemple, « как дела ? » cela veut dire « comment ça va ». Mais dans « как ты живёшь? » il y a de cela aussi. Et aussi au perfectif « как ты поживаешь? » ou avec un petit « так » devant « как ». Et puis il y a le ton de la voix. Qu’est-ce qu’il évoque en moi ? Bref, je veux dire ici que tant que j’éprouve du plaisir, je suis sûr qu’en moi j’apprends quelque chose de nouveau.
Exercice 2. Lire la transcription en russe
Le deuxième exercice que je pratique est la lecture de la transcription en russe. J’ouvre donc le fichier texte de la newsletter. Je lis le texte russe en entier. Je ne lis pas un extrait. Je lis toute la transcription en russe et sans lire la traduction en français. J’insiste, je lis seulement le texte russe et tout le texte russe. Je m’imprègne du texte russe avec mes yeux comme auparavant je m’étais imprégné du son russe avec mes oreilles. La raison pour laquelle je m’efforce de ne lire que le texte russe, et dans sa totalité, est d’aider mon cerveau à rester en russe. J’essaie ainsi d’affaiblir ma tendance à traduire le russe en français. Après avoir lu le texte russe en entiier, je me remets à l’écouter en entier.
Je n’écoute pas en lisant. Je force ainsi mon cerveau à rester dans la compréhension orale pure. Je le force ainsi à deviner lorsque je ne comprends pas. C’est très important. Plus j’arrive à deviner, plus mon cerveau apprend en profondeur. La preuve, c’est que depuis que je m’y prends de cette façon, je remarque que je discerne plus facilement un mot ou une expression quand je l’entends dans d’autres newsletters ou autres podcasts.
Exercice 3. Utiliser la traduction en français
Le troisième exercice est d’utiliser parfois la traduction en français qui se trouve dans le fichier texte de la newsletter. Si quand j’écoute la newsletter il y a un passage dont je ne devine vraiment pas le sens, c’est-à-dire je suis au stade où je connais « la musique mais pas les paroles », alors je vais utiliser le fichier texte de la newsletter qui fournit la traduction en français. Je ne le fais que si mon cerveau n’arrive pas à deviner les mots et que j’ai envie de les connaître. J’insiste, c’est très important pour moi de forcer mon cerveau à deviner. J’éprouve plus de plaisir à deviner, et je sens que l’apprentissage est plus durable, que lorsque j’utilise sans cesse la facilité de la traduction en français. C’est une question de balance. C’est le plaisir qui me guide quand je décide d’utiliser ou pas la traduction en français.
Je lis la traduction en français du paragraphe en entier. La newsletter est bien conçue pour cela. Je n’essaie pas de localiser le mot que je ne comprends pas. A nouveau, j’essaie le plus possible que mon cerveau pense en russe quand il entend ou lit en russe. Après avoir lu en entier le paragraphe en français, j’écoute l’audio. Ainsi mon cerveau va quand même devoir deviner un peu. En effet, si je découpe la traduction mot à mot, alors c’est sûr, mon cerveau passe en mode traduction, le plaisir est moindre et l’efficacité chute aussi.
Exercice 4. Shadowing
Le quatrième exercice est fondamental. J’utilise le mécanisme qui s’appelle le « shadowing ». Je répète à haute voix ce que j’entends. La vitesse de diction d’Olga est suffisamment lente pour que je puisse répéter une expression ou une phrase avant la suivante sans arrêter l’enregistrement. Je recommence cet exercice autant de fois que nécessaire tant qu’il reste des passages que je n’arrive pas à répéter avant le passage suivant.
Ce n’est pas juste « répéter », c’est vraiment « imiter » qu’il s’agit. J’essaie que ma voix copie toutes les nuances que j’entends. En imitant avec une voix forte, c’est-à-dire en mettant en bouche les sons que je viens juste d’entendre et en entendant ensuite ma propre voix, c’est sportif, c’est jouissif. De plus, en imitant ainsi ce que j’entends, il m’arrive parfois de comprendre une expression que je n’arrivais pas à deviner ! C’est délicieux lorsque je comprends pour la première fois un mot ou une expression. Les oreilles et la bouche sont aux anges dans cet exercice.
Exercice 5. Écrire un petit texte à partir d’une newsletter
Le cinquième exercice que je commence à pratiquer, est d’écrire un petit texte à partir d’une newsletter. Comme les thèmes des newsletters sont très variés, c’est facile d’en trouver un qui corresponde à l’humeur du moment. Les exercices précédents, répétés de nombreuses fois, ont appris à mon cerveau à penser en russe sur un thème donné, à en avoir une compréhension profonde, à en avoir des ressentis personnels, et tout cela en russe. Les conditions sont réunies pour s’exprimer librement en russe.
Ce n’est pas facile d’écrire un petit texte en russe sans réfléchir d’abord en français et traduire ensuite cette réflexion en russe. En tout dans mon cas, je cherche à désapprendre à mon cerveau à traduire. Je cherche à ressentir mes émotions en les exprimant dans ma tête directement en russe. Le plaisir que j’en éprouve est incomparable à celui que j’obtiens en ayant traduit. Et de plus, les émotions que je ressens en russe diffèrent des émotions ressenties en français. Accéder à ce stade me plaît énormément. La répétition des quatre premiers exercices m’ouvre cette opportunité.
Exercice 6. Discuter oralement à propos d’une newsletter
Le sixième exercice est la prolongation du précédent : discuter oralement à propos d’une newsletter. En cours individuel ou en groupe ou avec un ami. Je n’ai pas encore cette pratique. Les cinq exercices précédents m’apprennent le russe et me facilitent à m’exprimer peu importe le thème. Mais j’envisage ici de pratiquer ce sixième exercice, vraiment en tant qu’exercice. C’est-à-dire profiter au maximum de la profondeur d’apprentissage due aux répétitions intensives des exercices précédents sur les émotions et le vocabulaire restreints d’une seule et même newsletter.
Discutons un peu ce sixième exercice.
Une newsletter dure entre 2 et 5 minutes, et je peux passer des heures à la répéter. Mon cerveau en est donc imprégné. Ce sixième exercice consisterait à en discuter sans trop s’éloigner de son vocabulaire. Pourquoi ? D’un côté, sur presque n’importe quel thème, mon cerveau en français est en ébullition. Des idées différentes me viennent à l’esprit avant que je puisse exprimer la première ! Je suis parfois tellement submergé que j’en deviens muet. Ce foisonnement se déroule actuellement dans mon cerveau en français. Il ne me donne pas encore beaucoup de mots russes dont j’en ressente l’émotion en russe. Alors, lorsque je discute d’un sujet, à chaque instant, sur cinq émotions qui m’arrivent groupées dans ma tête, il y en a sûrement 4 en français et peut-être une en russe.
Que faire ? D’un côté, mon envie de communiquer ce que je ressens est très forte peu importe la langue ; d’un autre côté, j’aimerais « oublier » mes émotions françaises pour me concentrer uniquement sur mes émotions russes. Comment dire à mon cerveau de se concentrer sur les émotions russes ? Quel intérêt ai-je à ce que ma bouche et mon souffle fassent des sons russes si ce sont des émotions françaises que je traduis en russe dans ma tête ?
Prenons la simple situation de demander mon chemin dans un pays parlant russe. Est-ce que cela me fait une différence de m’exprimer directement en pensant en russe, sans traduire les mots français que j’ai en tête ? La réponse est oui parce que cela me rend plus proche de mon interlocuteur. Dit autrement, cela me plaît de prendre le temps d’exister dans la profondeur et pas seulement dans l’étendue de mon vocabulaire.”


